Dépistage du cancer colorectal, c’est en mars mais aussi toute l’année !

05 mars 2024

Conseils Santé | Cancer

Mars bleu est là pour nous le rappeler chaque année : entre 50 et 74 ans, pour la majorité de la population, un test immunologique rapide, simple et gratuit est à réaliser à son domicile, tous les deux ans. Il permet de prévenir 90 % des cancers du côlon et du rectum. Les précisions du Dr Bertrand Brieau, responsable de la commission « Dépistage et prévention des cancers » de la Société française d’endoscopie digestive (SFED).

colorectal

Chaque année, les autorités de santé marquent le coup avec Mars bleu, rappelant à cette occasion qu’à partir de 50 ans, le dépistage du cancer colorectal nous concerne tous.

« Le dépistage du cancer colorectal, à partir de 50 ans, c’est tous les 2 ans ! » 

Ce teaser de la nouvelle campagne de mobilisation de l’Institut national du cancer (INCa) s’accompagne d’un spot TV où l’on voit le protagoniste quitter sa propre fête d’anniversaire pour ses 50 ans. C’est pour la bonne cause : il s’éclipse pour faire son test du cancer colorectal, laissant ses convives d’abord interloqués puis compréhensifs. Une manière légère d’aborder un sujet grave. 

« Le dépistage du cancer du côlon est important à double titre, souligne le Dr Bertrand Brieau. D’une part parce que c’est la deuxième cause de décès par cancer en France (47 000 personnes touchées et 17 100 morts) et, d’autre part, parce que contrairement à d’autres types de cancers tels que celui du sein, le cancer du côlon est évitable, principalement en raison de la présence de lésions précancéreuses sous forme de polypes, à un stade où il est encore temps pour intervenir. Dans plus de 80 % des cas, il provient d’une tumeur bénigne (le polype) qui évolue lentement et finit par devenir cancéreuse. »

Prévenir et dépister tôt, c’est guérir 

En matière de cancer colorectal, prévenir et dépister tôt, c’est guérir : 90 % de ces cancers sont guéris lorsqu’ils sont détectés à un stade précoce. C’est pourquoi, à partir de l’âge de 50 ans et jusqu’à 74 ans, les personnes classées « à risque moyen », soit la majorité de la population, sont invitées tous les deux ans par l’Assurance Maladie à réaliser gratuitement un test immunologique fécal (FIT). 

En plus d’être simple (2 minutes) et accessible, ce test immunologique qui repère la moindre trace de sang dans les selles est « fiable, insiste Bertrand Brieau, c’est-à-dire qu’il rend très peu de ‘faux négatifs’. On parle de faux négatif lorsqu’un cancer n’est pas détecté alors qu’il est pourtant bel et bien présent. » 

Pour la population « à haut risque », une coloscopie plutôt qu’un FIT

La population classée « à haut risque » de cancer colorectal nécessite quant à elle une surveillance particulière et la proposition systématique d’une coloscopie préventive à intervalles réguliers. Le risque est élevé lorsque la personne compte un parent du premier degré avec un cancer colorectal ou un polype adénomateux quel que soit son âge, ou lorsqu’il existe plusieurs parents de 2ème ou 3ème degré ayant eu un cancer colorectal. « Environ 20 % des cancers colorectaux surviennent chez des personnes à risque élevé, précise le gastro-entérologue, et 5 à 10 % chez celles dont le risque est très élevé. Les personnes à haut risque présentent environ un risque sur dix de développer un cancer colorectal. » 

Moins de 35 % de la population concernée effectuent le test 

Sur les 17,7 millions de personnes éligibles au test immunologique, 6,1 millions ont réalisé un FIT en 2021-2022 soit un taux de participation de 34,4 % (34,6 % en 2020-2021). On est encore bien loin du taux de participation de 65 % fixé par la stratégie décennale de lutte contre les cancers, qui éviterait 5 700 cancers colorectaux et 6 600 décès chaque année. « Il est nécessaire d’atteindre au moins 45 % de participation pour observer un impact significatif sur la mortalité liée au cancer du côlon, ajoute Bertrand Brieau. Avec une stratégie efficiente et une participation généralisée au dépistage du cancer du côlon, nous pourrions quasiment l’éradiquer en France. » ‍

Le FIT en pratique

« Il faut savoir que seuls 4 % de ces tests FIT reviennent positifs, rassure Bertrand Brieau, dont 6-7 % sont des cancers et plus de 45 % des polypes pouvant dégénérer en cancer. » Sous 15 jours, le résultat est communiqué à l’intéressé ainsi qu’à son médecin traitant. Si le test est positif, ce dernier prendra contact avec son patient et l’adressera à un gastroentérologue pour une coloscopie. La réalisation d’une coloscopie permet de déceler la présence éventuelle de polypes et de les retirer lors de la même intervention avant qu’ils ne se transforment en cancer.

Les femmes et hommes de 50 à 74 ans concernés par le dépistage organisé du cancer colorectal sont invités par l’Assurance Maladie. Depuis janvier 2024, la première relance et la seconde relance (lorsqu’elle ne comporte pas de kit de prélèvement) sont dématérialisées et déposées dans le compte Ameli de des personnes éligibles. Les modalités de réception des résultats par les patients évoluent également : un lien leur est envoyé par SMS, sous réserve qu’ils aient renseigné leur numéro de téléphone sur la fiche d’identification. À défaut, ils recevront leurs résultats par courrier.

Il est aussi possible de commander un kit gratuitement, en ligne sur monkit.depistage-colorectal.fr, en pharmacie, ou lors d’une consultation chez votre médecin (médecin traitant, gastro-entérologue gynécologue et médecin d’un centre d’examen de santé). 

Pour en savoir plus : 

Le tutoriel de l’Institut national du cancer pour réaliser le test est à visionner ici

Le Côlon Tour® 2024, par la Ligue contre le cancer.

Des informations sur le cancer colorectal, par l’Institut national du cancer.

Sources

  • > Interview du Dr Bertrand Brieau, responsable de la commission « Dépistage et prévention des cancers » de la SFED ; Communiqué de l’Institut national du cancer (INCa) du 1er mars 2024 ; Sites de la Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE)
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