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La mémoire

Le fonctionnement de la mémoire

La mémorisation d'informations se fait en plusieurs étapes, aussi importantes les unes que les autres. Il s'agit d'abord d'encoder une information (c'est-à-dire la mise en mémoire, imprimer une information), puis de la stocker (c'est-à-dire de la ranger) et enfin de la récupérer au moment où l'on en a besoin.

 

1ère étape :

L'encodage consiste à enregistrer une information en utilisant une méthode qui permettra de mieux la récupérer. C'est la phase d'apprentissage, elle est dépendante du bon fonctionnement de la mémoire à court terme et de la mémoire de travail. Notons que ces deux mémoires sont très sensibles aux capacités attentionnelles. Si on est dérangé pendant cette phase d'apprentissage, on doit le plus souvent recommencer ou faire répéter l'information.

Bon a savoir :

  • Cette phase d'apprentissage est liée au contexte (perceptions sensorielles, état émotionnel, valeur affective de l'information...) et à ses propres capacités d'attention et de motivation à apprendre.
  • On peut utiliser des stratégies répétitives, comme le fait de ranger ses affaires toujours au même endroit (lunettes, clés, aide mémoire....).
  • On peut également faciliter l'encodage en utilisant des indices et des repères (avec qui étais-je quand on m'a donné cette information? où étais-je lorsque l'on m'a dit ça? qu'étais-je en train de faire pendant que l'on m'a donné cette information ?).
2ème étape :

Le stockage succédant à l'encodage, le stockage est le moment où l'information se range dans notre cerveau. C'est le moment ou l'on va graver les données dans notre mémoire. Les informations ainsi encodées seront gardées et réactivées au besoin et en fonction des situations.

A noter que le stockage se fait sur un temps plus ou moins long et dépend de la qualité de l'encodage. Plus on fait attention aux informations que l'on nous donne, plus elles seront bien rangées et stockées dans notre mémoire.

3ème étape :

La récupération est la recherche du souvenir, qui peut ensuite être restitué. Si la récupération bloque (impression que l'on est face à un « trou noir », le fameux « trou de mémoire ») il faut s'aider des indices, des repères pris à l'encodage et se rappeler le contexte d'apprentissage de l'information :

  • Le contexte situationnel ou émotionnel dans lequel on était lorsqu'on a encodé le souvenir : « où étais-je ? Avec qui ?... »
  • Le contenu émotionnel : « était-ce une information agréable ou désagréable ? ».
  • Les capacités attentionnelles (nécessaires à l'encodage) et plus particulièrement de concentration.
L'attention/La concentration
  • Comme nous avons pu le décrire précédemment, la mémorisation n'est pas possible sans nos capacités d'attention et de concentration. En effet, c'est lorsque nous ne sommes pas attentifs à notre environnement, lorsque nous ne faisons pas attention et que nous avons la tête « ailleurs », que nous allons oublier les choses, que nous ne savons plus où nous avons posé clés, lunettes, etc.

Ce n'est pas par manque de mémoire que nous oublions mais par manque d'attention.

  • Nous savons qu'il est impossible de retenir tout le temps tout ce qui passe sous nos yeux, ou tout ce que nous entendons ! Nous serions surchargés par un surplus d'informations si notre cerveau n'avait pas la capacité de faire le tri, en mettant en place une « inattention habituelle ». Ne pas tout voir ou tout entendre est une bonne façon de s'opposer à la surcharge permanente de la mémoire.
  • Mais il y a un inconvénient à ce comportement. En vieillissant, le système attentionnel étant plus fragile, l'inattention habituelle crée parfois un comportement d'attention superficielle qui nous amène à ne rien remarquer. Nous sommes alors capables de reconnaître un souvenir évoqué par quelqu'un qui le raconte, alors que nous serions parfois incapables de le rappeler de nous-mêmes. Cela montre que l'information n'est pas rentrée suffisamment consciemment dans notre mémoire.

La mémoire peut ainsi se comporter comme « une passoire » si on ne porte pas assez d'attention. Tout ce qui est perçu n'est pas forcément stocké en mémoire à long terme.

Prenons un exemple : « J'ai bien vu le programme tv de la soirée, mais je suis bien incapable de me rappeler son nom quelques instant plus tard ».
L'information est passée par la perception (ce qu'on a vu ou entendu, et s'inscrivent dans la mémoire à court terme), mais elle n'est pas suffisamment passée par l'attention, qui met en action la mémoire de travail pour enregistrer l'information à long terme. La mise en mémoire commence pendant la perception, mais elle ne s'effectue réellement qu'après avoir porté attention aux éléments à retenir.

 

Voici quelques conseils permettant de renforcer les capacités d'attention et de concentration:

  • Essayer de faire plus attention aux choses que d'ordinaire, c'est-à-dire essayer de rester conscient de votre monde environnant et de vos actions.
  • Ne pas hésiter à écrire les choses pour renforcer l'apprentissage et notamment forcer notre système attentionnel à traiter l'information à retenir. En effet, prendre des notes fait appel à une autre modalité sensorielle, de ce fait l'information va pouvoir s'enregistrer dans la mémoire auditive (informations entendues) et dans la mémoire visuelle (après l'avoir noté sur un papier). Grâce à ce geste, la trace mnésique sera plus importante et profonde et donc plus facile à retrouver par la suite.
  • Se répéter (ou relire) plusieurs fois les informations pour lever cette inattention habituelle et favoriser la perception consciente des informations à retenir.
  • S'imposer des pauses après 90 minutes de travail ou d'activités dites intellectuelles. Même de petites poses de quelques minutes ont été reconnues efficaces et bénéfiques pour le cerveau. En effet, la fatigue nuit à nos capacités de concentration et empêche notre cerveau d'être attentif à ce qu'il traite.

 

Le contexte et l'environnement :
  • L'environnement dans lequel on vit influe également sur nos capacités de mémoire et surtout sur nos capacités de concentration et d'attention. Il est donc important lorsque l'on veut retenir un évènement ou une information de favoriser le calme et les lieux apaisants (ou rassurants pour soi). S'il y a trop de bruit autour de vous (entourage discutant autour de nous ou le bruit de fond de la télé ou encore de la musique), le cerveau ne pourra pas traiter complètement les données car il va également traiter les éléments de l'environnement.

Si nous voulons percevoir au mieux et donc mémoriser, il est important de ne pas être dérangé durant cette phase d'apprentissage.

 

Les perceptions sensorielles :
  • Notre corps se construit et fonctionne comme une incroyable machine à percevoir et traiter des informations par les sens : la vue, l'audition, le goût, l'odorat et le toucher. Chacun a son mode de perception, sa modalité sensorielle préférée et surtout chacun fonctionne différemment ! Il est donc important de connaître le canal sensoriel le plus efficace pour soi (visuel ou auditif).
  • Chaque sens a aussi son histoire propre, son évolution et son rôle. Les perceptions sensorielles interviennent également dans les processus de mémorisation. Un souvenir peut s'enrichir de tous les aspects sensoriels de la situation.

Par exemple se souvenir d'un repas : on se souvient tout d'abord s'il était bon ou pas (mémoire gustative), puis de son contenu, de son aspect visuel, de sa présentation (mémoire visuelle), de l'odeur que le plat dégage (mémoire olfactive), de sa texture en bouche (mémoire tactile). Et c'est à partir de tous ces sens que l'on va se construire une représentation de ce repas, qui pourra être réactivée par des expériences similaires et vous renverra du coup vers ce souvenir.

  • Il est toujours intéressant de remarquer qu'une odeur, un bruit, une sensation va réactiver un souvenir ancien alors même que nous n'y avons pas pensé depuis très longtemps.
  • La mémoire des sens participe donc activement à l'enregistrement des souvenirs.

D'où l'importance de vérifier et contrôler sa vue et son audition car on sait que la qualité de nos sens change au cours des années comme la perte de l'audition, la diminution de la vue ou de l'odorat, il faut donc s'adapter à ce que deviennent nos sens. En cas de pathologie, il est indispensable de consulter pour éviter, autant que possible l'installation du handicap car il pourrait participer indirectement aux « trous de mémoire » du quotidien.

A savoir :

Toute diminution de l'activité sensorielle est un risque d'appauvrissement : dans la relation avec le monde extérieur et donc dans le plaisir à se sentir bien auprès des autres. Si nos cinq sens perçoivent moins bien, ils stimulent moins le cerveau, du coup il s'habitue à moins percevoir et donc à moins mémoriser.

Il est important de prendre soin de sa vue et de son audition car une bonne mémoire passe par le fait de bien voir et bien entendre

Après avoir abordé les différents points facilitant la mémoire, il est important de savoir qu'il existe des éléments jouant contre la mémoire. Il est très important de prendre en charge ses facteurs pour diminuer l'impact sur le fonctionnement de la mémoire.

 

  • Les troubles du sommeil : insomnies, réveils fréquents, syndrome d'apnée du sommeil...

Evidemment, le fait d'être fatigué retentit sur les capacités d'attention, de concentration et donc de mémorisation. Mais, c'est aussi pendant les périodes de sommeil profond que notre cerveau digère et intègre nos émotions, nos vécus.

Ces plages de rêve sont indispensables pour notre bien-être psychologique et pour bien mémoriser. Dans le syndrome d'apnée du sommeil (SAS), non seulement les phases de sommeil ne sont pas assez réparatrices et reposantes, mais le cerveau risque de ne pas être assez irrigué. Il est important de consulter son médecin.

 

  • Les douleurs, en particulier les douleurs chroniques, épuisent, même si elles sont supportables, du fait de la lutte qu'elles imposent au quotidien. Nous sommes alors moins disponibles et davantage centrés sur nous-même. Par ailleurs, peuvent se cumuler les effets de la fatigue et des antalgiques qui retentissent eux aussi sur la mémoire.

 

  • Certains médicaments, notamment les anxiolytiques, les somnifères, certains anti-dépresseurs et antalgiques, agissent sur le fonctionnement cérébral et les fonctions cognitives, surtout lorsque ces médicaments ont une action sur la vigilance. Ce sont alors les capacités attentionnelles, encore une fois, qui sont diminuées, altérant les capacités de mémorisation.
  • L'isolement social, causé par l'éloignement des enfants, la perte des proches ou amis et la prise de la retraite, provoque la diminution des activités ainsi que la perturbation du réseau social,... tout ce qui stimule les fonctions intellectuelles.

 

  • La tristesse, les états dépressifs chroniques ou passagers, l'anxiété... mais aussi les préoccupations récurrentes, le stress, le surmenage...sont autant d'éléments qui perturbent la mémoire. Ils envahissent le champ de la pensée et mobilise des énergies psychiques qui nous empêchent d'être disponible et réceptif pour les autres. Les capacités attentionnelles sont alors minimes et ne permettent pas à la mémoire de travail de manipuler les informations et de les mémoriser correctement.

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