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Malvoyance

Vision et malvoyance

La vision, comme nos autres fonctions, évolue au cours de la vie. Avec l'avancée en âge, nous sommes plus vulnérables. Pourtant, si une maladie atteint notre vision, nous pouvons maintenir ou retrouver une certaine autonomie grâce à des capacités insoupçonnées.        

 

La malvoyance

« Une personne malvoyante est une personne dont la déficience visuelle entraîne une incapacité dans l'exécution d'une ou plusieurs des activités suivantes :

  • lecture et écriture (vision de près)
  • activités de la vie quotidienne (vision à moyenne distance)
  • communication (vision de près et à moyenne distance)
  • appréhension de l'espace et déplacements (vision de loin)
  • poursuite d'une activité exigeant le maintien prolongé de l'attention visuelle. »

Définition de la malvoyance, Union européenne des aveugles, Athènes, novembre 2003.

Les maladies qui affectent la vision n'ont pas les mêmes conséquences selon la localisation de l'atteinte. Elles se manifestent aussi différemment selon leur mode d'apparition : celui-ci peut être brutal, en cas d'hémorragie par exemple, ou d'installation plus progressive.

 

Les maladies peuvent atteindre :
  • la vision centrale (vision précise)
  • la vision périphérique (vision des déplacements)
  • les deux associées.

La même maladie peut être ressentie de façon très différente d'une personne à l'autre.

D'autre part, les déficits expliqués ci-après ne concernent que les formes sévères de ces maladies.

Atteinte de la vision centrale, telle que la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA)

La DMLA est la maladie oculaire la plus fréquente : plusieurs centaines de milliers de personnes en sont atteintes. Le nombre de cas pourrait augmenter de 50 % d'ici 20 ans et doubler d'ici 30 ans (rapport 2007 de la Société française d'ophtalmologie).

C'est dire l'importance de ce problème de santé publique qui atteint en majorité les

personnes âgées.

Cette maladie affecte le centre de la rétine : la macula. Alors que la vision périphérique reste utilisable, ce que vous regardez de face a tendance à disparaître. Vous devenez gêné pour la lecture, les activités de précision, la reconnaissance des visages.

Il existe deux formes de DMLA :

- sèche (ou atrophique) : elle peut progresser lentement sur plusieurs années.

- humide (ou exsudative) : moins fréquente, elle évolue beaucoup plus rapidement.

 

Atteinte de la vision périphérique, telle que les rétinites pigmentaires

Ces maladies sont d'évolution progressive et peuvent survenir à tout âge. Elles atteignent la vision périphérique. Votre champ visuel se rétrécit et, après un certain temps, vous voyez comme à travers un tube. Vous êtes gêné dans le repérage de ce qui arrive sur le côté (piétons, véhicules, etc.). Vous lisez le journal, mais droit devant vous. Le soir, votre gêne est majorée et vous ne vous sentez plus en sécurité.

 

Atteintes globales de la vision

Exemple 1 : Vision floue, comme en cas de cataracte.

Le cristallin s'opacifie et fait écran à la lumière. Vous avez l'impression d'être dans le brouillard, les couleurs vous semblent ternes, les détails s'estompent.

Exemple 2 : Vision parsemée de taches, comme en cas de glaucome.

L'augmentation de la pression interne de l'œil détériore progressivement le nerf optique.

Des manques apparaissent dans votre vision ; vous êtes gêné dans les activités quotidiennes et dans les déplacements.

Exemple 3 : Vision floue ou parsemée de taches noires, comme en cas de rétinopathie diabétique.

Cette complication peut apparaître après plusieurs années de diabète. Les parois des vaisseaux de la rétine sont altérées par l'excès de sucre (hyperglycémie) ; les vaisseaux peuvent s'obturer ou se rompre. Votre vision devient globalement floue et vous êtes gêné par l'apparition de taches noires qui perturbent vos activités habituelles.

 

Atteintes d'origine cérébrale

Certaines atteintes cérébrales sont responsables de déficits visuels localisés. Votre champ de vision est partiellement amputé.

Soyez attentif à tout changement de comportement de votre proche, si, sans raison apparente :

  • Il a tendance à limiter ses activités, abandonnant même ses occupations favorites.  Il ne regarde plus la télévision ou s'en rapproche de plus en plus ; il a une manière inhabituelle de regarder en face de lui en tournant la tête de côté. Il n'achète plus son journal, ne lit plus, il se montre irritable, ne cuisine plus, ne sort plus, ne prend plus sa voiture la nuit.
  • Il porte des vêtements tachés sans s'en rendre compte alors qu'il était soigné auparavant. Il est devenu maladroit.
  • Son attitude vis-à-vis de la lumière a changé. Par exemple, à l'intérieur, il n'allume pas les lampes, baisse les stores et tire les rideaux ; ou au contraire il a besoin de plus de lumière pour les activités de près. À l'extérieur, il est souvent ébloui et porte des lunettes de soleil.
  • Il cherche à utiliser des loupes ou les lunettes de son entourage et aucune ne lui convient.
  • Il a tendance à ne plus retrouver ses objets et ne reconnaît plus les personnes qu'il croise.

La présence d'un ou plusieurs de ces signes doit conduire à une consultation ophtalmologique.

Au vu de ces comportements, il arrive qu'un diagnostic de période dépressive ou de maladie d'Alzheimer soit posé, à tort.

De nombreuses erreurs sont énoncées sur la malvoyance et il vous est difficile de démêler le vrai du faux.

1. Les yeux s’usent avec l’âge.

Vrai et Faux : ce n’est pas l’âge qui use les yeux mais les maladies qui surviennent avec l’âge : cataracte, DMLA, etc.

2. Les yeux clairs sont plus fragiles que les yeux de couleur foncée.

Faux : la couleur n’influe pas sur la fragilité de l’oeil.

3. L’hérédité joue un rôle dans la déficience visuelle.

Vrai : ce rôle est clairement mis en évidence pour la DMLA et le glaucome.

4. L’hypertension est responsable de la basse vision.

Vrai et Faux : il faut différencier l’hypertension artérielle de l’hypertonie oculaire à l’origine du glaucome.

5. Les larmes abîment les yeux.

Faux : c’est l’insuffisance de larmes qui peut être source de gêne oculaire.

6. Les écrans de télévision et d’ordinateur sont dangereux pour les yeux.

Faux : les écrans n’abîment pas les yeux ; on les utilise même pour stimuler la fonction visuelle grâce à des logiciels spécifiques de réadaptation. La fatigue qui peut être ressentie est facilement compensée par une correction optique adaptée, des larmes artificielles ou selon les cas, de la rééducation orthoptique.

7. La carence en vitamines est responsable de la perte de vision.

Vrai : l’équilibre alimentaire favorise le bon fonctionnement de l’oeil. La carence en vitamines est un facteur aggravant favorisant la dégénérescence maculaire, mais on ne peut imputer cette maladie aux seuls facteurs alimentaires.

Consommez des vitamines (A, B, E), des oméga 3, des aliments anti-oxydants et antiradicalaires.

Abusez des aliments de couleur verte ! Ils en sont riches.

8. La pollution altère la vision.

Faux : sauf en cas d’allergie spécifique.

9. Le soleil est néfaste pour les yeux.

Vrai : les infrarouges et les ultraviolets sont nocifs pour les différentes structures oculaires.

Protégez-vous !

10. Le travail minutieux à la lumière électrique fatigue les yeux.

Faux : un éclairage adapté soulage la fatigue visuelle.

11. Au soleil, le port de lunettes aux verres teintés protège suffisamment les yeux.

Vrai : si les filtres de vos lunettes sont de bonne qualité ; cette protection peut être complétée par le port d’une visière ou d’une casquette.

12. Le froid et le vent ont un effet néfaste sur les yeux.

Faux : sauf en cas d’exposition extrême au pôle Nord. Le froid et le vent sont souvent sources d’un larmoiement réactionnel désagréable mais non grave.

13. Chacun possède un capital visuel ; il ne faut pas le gaspiller.

Faux : plus on s’en sert, moins il s’use !

Comme la mémoire, votre vision s’améliore avec l’entraînement.

14. Il ne faut pas hésiter à se faire opérer pour améliorer sa vision.

Vrai et Faux : l’indication opératoire est posée en fonction de la pathologie et des risques éventuels. N’hésitez pas à en parler à votre ophtalmologiste.

15. Il n’y a rien à faire et il est inutile de consulter régulièrement un ophtalmologiste.

Faux : la surveillance de l’état oculaire est indispensable même chez les personnes déficientes visuelles. Continuez à consulter régulièrement votre ophtalmologiste.

16. La rééducation visuelle n’est pas efficace pour les personnes vieillissantes.

Faux : il n’existe aucune limite d’âge pour la réadaptation en basse vision.

17. Il faut éviter de bouger les yeux ; il est préférable de tourner la tête.

Faux : quel que soit l’état de votre vision, les yeux bougent et c’est normal !

18. Il faut faire, chaque jour, plusieurs pauses dans le noir.

Faux : le noir ne présente aucun intérêt pour préserver la vue. Néanmoins, des pauses ou un changement d’activité peuvent vous être nécessaires.

19. Se pencher risque de provoquer des hémorragies rétiniennes ; les sports violents sont déconseillés.

Vrai et Faux : il faut éviter les chocs directs sur l’oeil. En cas de doute, posez la question à votre ophtalmologiste.

20. Voyager en avion est dangereux.

Faux : sauf dans certains cas très particuliers : hémorragies rétiniennes importantes, intervention récente de décollement de rétine avec gaz expansif.

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