Du dioxyde de titane retrouvé dans 2 dentifrices sur 3

27 avril 2019

Du dioxyde de titane a été retrouvé dans 2/3 des dentifrices testés par l’association Agir pour l’environnement. Un tube à la fraise pour enfants est le plus concerné par la présence de cette substance probablement cancérogène, bientôt interdite d’utilisation dans l’agro-alimentaire.

Sur les tubes de dentifrice, les mentions « haleine fraîche », « dents blanches » et « pouvoir antitartre » sont bien présntes. Mais aucun produit ne porte l’inscription « contient du dioxyde de titane ». Et pourtant, 271 (dont 25 bio) des 408 dentifrices analysés par l’association Agir pour l’environnement contiennent des traces de cette substance potentiellement cancérogène. Mais aucun de ces produits ne « précise sur son emballage si le dioxyde de titane présent est à l’état nanoparticulaire* ».

 

Même les dentifrices bio.

Parmi les références analysées, 59 sont des produits pour les enfants. La moitié d’entre elles contiennent du dioxyde de titane. Cette substance a été retrouvée à l’échelle nanométrique dans le« Signal kids goût fraise ». Il faut savoir que le dioxyde de titane est encore plus préoccupant pour la santé humaine « quand il est présent sous forme de nanoparticules ». Or sur la totalité du dioxyde de titane retrouvée dans ce dentifrice à la fraise, 47% est présent à l’échelle nanométrique. « Ce pourcentage élevé exclut une présence accidentelle », dénonce l’association. Et « la mention ‘nano’ ne figure pas sur l’emballage, en infraction à la réglementation ».

 

Action, réaction…

« Il serait incohérent de tolérer le dioxyde de titane dans les dentifrices alors qu’on l’interdit dans l’alimentation », explique Magali Ringoot, responsable de la campagne sur les nanomatériaux à Agir pour l’Environnement.

Pour faire bouger les lignes, les responsables d’Agir pour l’environnement sont actuellement reçus par Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances. Le 11 janvier 2019, ce dernier s’était engagé à publier à la mi-avril l’arrêté de suspension du dioxyde de titane dans les produits alimentaires. L’association réclame aujourd’hui :

« L’élargissement de l’arrêté de suspension du dioxyde de titane à tous les produits qui peuvent être totalement ou partiellement ingérés. » C’est le cas des dentifrices donc, et des médicaments. En effet, « le dioxyde de titane est présent dans les excipients de 4 000 médicaments » ;

Une enquête de la DGCCRF pour vérifier que l’absence de mention ‘nano’ est justifiée et mettre en place « des sanctions dissuasives pour les fraudeurs ».

 

A noter : voici une liste contenant les dentifrices avec et sans dioxyde de titane. Pour en savoir plus sur la toxicité du dioxyde titane chez l’être humain, cliquez ici.

 

* le règlement européen sur les cosmétiques exige que l’étiquetage porte la mention « nano » si les particules de TiO2 font moins de 100 nm

 

Source : Agir pour l’environnement, le 28 mars 2019


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